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Zoos humains. L’invention du sauvage

Salle des expositions temporaires
29 - June

Avant-propos des commissaires de l’exposition Zoos humains. L’invention du sauvage

L’exposition raconte l’histoire de près de trente mille femmes, hommes et enfants, venus d’Afrique, d’Océanie, d’Asie, des Amériques et parfois d’Europe, qui ont été exhibés en Occident entre 1810 et 1940. Ils ont été vus par plus d’un milliard de visiteurs. Les puissances coloniales européennes, l’Amérique et le Japon les ont présentés dans des expositions, des zoos et des salles de spectacles comme s’ils étaient des « sauvages ». Ce « spectacle de la différence », qui a fasciné les sociétés occidentales, a légitimé le colonialisme et a contribué au discours raciste. Ce phénomène ne peut se comprendre que si on le situe dans son contexte : dès la fin du XVIIIe siècle, les spectacles de masse et les images contribuent à fabriquer l’opinion et le regard. Ils légitiment la construction des grands empires coloniaux tout en s’appuyant sur les théories racialistes, eugénistes ou ségrégationnistes. Les étudier permet de mieux comprendre les origines et les mécanismes de construction des stéréotypes. Cette exposition-événement est présentée pour la première fois aux Antilles. Elle cherche à sensibiliser le plus grand nombre au poids du passé colonial et au racisme qui en est né. Elle vise aussi à ébranler les fausses représentations en montrant comment on les construit. À travers des collections exceptionnelles et un parcours pédagogique accessible au plus grand nombre, elle engage un travail de mémoire nécessaire à qui veut comprendre le présent. Le récit de cette histoire oubliée est né de la volonté commune de la Fondation Lilian Thuram. Éducation contre le racisme et du Groupe de recherche Achac, qui ont su trouver des partenaires exceptionnels avec le Mémorial ACTe, la Région de Guadeloupe, la MGEN et la CASDEN – Banque populaire.

                         Lilian Thuram, commissaire général

Pascal Blanchard, commissaire scientifique

Présentation de l’exposition

« Nous pouvons identifier, dans ce que nous appelons

au sens large les « zoos humains », le passage d’un racisme

exclusivement scientifique à sa popularisation rapide. »

Le Monde diplomatique (2000)

 

L’exposition Zoos humains, L’invention du sauvage met en lumière l’histoire d’hommes, de femmes et d’enfants exhibés en Occident et ailleurs, dans des cirques, des cabarets, des foires, des zoos, des villages itinérants ou des expositions universelles et coloniales.

 

Cette exposition majeure a circulé sous différentes formes dans le monde entier : au musée du quai Branly (Paris, France), en 2011-2012 ; au Jardin d’acclimatation (Paris, France) en 2013 ; à l’Université Friedrich-Schiller (Jena, Allemagne) en 2015 ; à l’Université de Walla Walla (État de Washington, États-Unis) en 2016 ; à la Cité Miroir (Liège, Belgique) en 2016-2017 ; au Musée de l’Asie et du Pacifique (Varsovie, Pologne) en 2017 ; au Glasgow School of Art (Glasgow, Écosse)  et au Kuumba Imani Center (Liverpool) en 2018, mais aussi en Guyane, en Côte d’Ivoire et dans plusieurs villes en France (musée d’Angers, Muséum de Rouen, Amiens, Aix-en-Provence…).

 

Rassemblant près de 400 œuvres inédites (affiches, photographies, documents originaux et objets souvenir) dans un parcours jalonné d’une vingtaine de panneaux pédagogiques, elle est présentée pour la première fois au Memorial ACTe dans une version enrichie de focus spécifiques aux populations ultramarines. On y découvre pour la première fois comment s’est forgée une vision stéréotypée des ultramarins dans les expositions coloniales ou universelles : sur-folklorisation des populations antillaises, présence quasi exclusive des femmes figurant en habit traditionnel, valorisation des Antillais par rapport aux Africains présentés comme « sauvages », tout comme les Kali’na de Guyane ou les Kanaks de Nouvelle-Calédonie.

 

Les « zoos humains » ont été le premier lieu de rencontre avec l’Autre ; ils ont été un élément déterminant dans le passage, au XIXe siècle, d’un racisme dit « scientifique » à un racisme « populaire ». La frontière entre les Occidentaux et le reste du monde, perçu alors comme « non-civilisé », s’est alors fixée dans les consciences et dans les certitudes.

 

Comprendre que le phénomène des « zoos humains » a forgé nos regards, c’est comprendre que les discriminations et le racisme ont une histoire, que tout cela est socialement construit et que l’on peut, c’est essentiel, les déconstruire aujourd’hui en travaillant sur ce passé et ces imaginaires.

 

Dans le cadre de notre nouvelle exposition temporaire, la Région Guadeloupe, le Mémorial ACTe et ses partenaires, organise une série de manifestations autour du thème de l’exposition.

 

Logo de la fondation Lilian ThuramPrésentation de la fondation Lilian Thuram. Éducation contre le racisme

« On ne naît pas raciste, on le devient ». Cette vérité est la pierre angulaire de la Fondation Lilian Thuram. Éducation contre le racisme. Le racisme est avant tout une construction intellectuelle. Nous devons prendre conscience que l’Histoire nous a conditionnés, de génération en génération, à nous voir avant tout comme des Noirs, des Blancs, des Maghrébins, des Asiatiques…

Il est important de comprendre comment nos préjugés se sont mis en place pour pouvoir les déconstruire. Nos sociétés doivent intégrer l’idée pourtant simple que la couleur de la peau ou le sexe d’une personne ne détermine en rien son intelligence, la langue qu’elle parle, la religion qu’elle pratique, ses capacités physiques, ce qu’elle aime ou déteste. Chacun de nous est capable d’apprendre n’importe quoi, le pire comme le meilleur.

Les actions de la fondation – qui fête en 2018 son 10e anniversaire – s’appuient sur l’expertise de son comité scientifique, composé d’Yves Coppens, paléoanthropologue, de Marie Rose Moro, psychiatre de l’enfant et de l’adolescent, de Doudou Diène, juriste, rapporteur spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines de racisme (2002-2008), d’Évelyne Heyer, généticienne des populations humaines, de Ninian Hubert Van Blyenburgh, anthropologue et didacticien, d’Elisabeth Caillet, muséologue, de Michel Wieviorka, sociologue, de Françoise Vergès, politologue, de Pierre Raynaud, ingénieur en développement des politiques publiques, de Pascal Brice, directeur général de l’OFPRA, de Pascal Boniface, géopolitologue, de Pascal Blanchard, historien, de Patrick Estrade, psychologue, d’André Magnin, commissaire d’expositions.

Lilian Thuram, Président de la Fondation "Education contre le racisme"Biographie de Lilian Thuram, commissaire général de l’exposition

Né en Guadeloupe en 1972, Lilian Thuram a connu une carrière prestigieuse de footballeur international : champion du monde en 1998, champion d’Europe en 2000, vice-champion du monde en 2006 ainsi que de nombreux titres en club. En 2008, il a créé la Fondation Lilian Thuram, Éducation contre le racisme (www.thuram.org). Il est notamment l’auteur de Mes étoiles noires. De Lucy à Barack Obama (Philippe Rey, 2010 – Points, 2011) et de Tous super-héros. La coupe de tout le monde (Delcourt, 2018). Lilian Thuram a participé en 2018 à l’exposition Imaginaires et représentations de l’Orient. Questions de regard(s) au musée national Eugène-Delacroix, dans laquelle il livrait sa vision des œuvres de la collection du musée.

 

Logo du groupe de recherches ACHACPrésentation du Groupe de recherche Achac

Le Groupe de recherche Achac est un collectif de chercheurs constitué autour d’un réseau international d’universitaires depuis 1989 qui travaillent sur plusieurs champs liés aux questions coloniale et postcoloniale (idéologies politiques de la colonisation, développement des cultures coloniales et postcoloniales ; zoos humains et spectacles ethniques, représentations de l’altérité ; histoire militaire et troupes coloniales), mais aussi à l’histoire des immigrations des Suds grâce à différents programmes.

Depuis 1995, le Groupe de recherche Achac travaille sur l’étude des stéréotypes et les représentations de l’Autre, avec notamment l’histoire des « zoos humains ». Cette réflexion a été mise en œuvre à travers différents colloques internationaux et des documentaires, comme Zoos humains (Arte, 2002) et Sauvages. Au cœur des zoos humains (Arte, 2018). Plusieurs ouvrages dont Zoos humains et exhibitions coloniales (La Découverte, 2011) et L’invention de la race. Des représentations scientifiques aux exhibitions populaires (La Découverte, 2014) rassemblent plus de cinquante contributions. Dans le même temps, l’exposition Exhibitions. L’invention du sauvage s’est tenue au musée du Quai Branly – Jacques Chirac en 2011-2012 (avec un catalogue publié chez Actes Sud) en collaboration avec la Fondation Lilian Thuram. Éducation contre le Racisme.

Depuis sa création, le Groupe de recherche Achac a développé sept programmes de recherche : colonisation et post-colonialisme, immigrations des Suds, zoos humains, mémoires combattantes, diasporas en France, sports et diversités et artistes de France.

Photo de Pascal Blanchard, historien et commissaire scientifique de l'exposition Zoos humains. L'invention du sauvageBiographie de Pascal Blanchard, commissaire scientifique de l’exposition

Co-directeur du Groupe de recherche Achac, l’historien Pascal Blanchard travaille sur le « fait colonial » et les décolonisations. Il a été commissaire d’une vingtaine d’expositions notamment 75 ans après, regard sur l’Exposition coloniale de 1931 à Exhibitions. L’invention du sauvage présentée au musée du Quai Branly – Jacques Chirac et primée comme exposition de l’année en 2012, Paris ; Zoos humains. L’invention du sauvage à Liège en 2016-2017. Également auteur, il a notamment co-dirigé La France Noire, trois siècles de présences (La Découverte, 2011) ; Exhibitions. L’invention du sauvage (Actes Sud, 2011) ; De l’indigène à l’immigré (Gallimard, 1997) ; La France arabo-orientale, treize siècles de présences (La Découverte, 2013). Il a co-réalisé plusieurs films dont Noirs de France (France Télévisions) et Sauvages. Au cœur des zoos humains (Arte, 2018).

Crédits photos de l’image utilisée pour illustrer cette page : « Inboorlingen van Suriname » [Exposition internationale, coloniale et d’exportation d’Amsterdam, Pays-Bas], photographie de Roland Bonaparte, 1883. © Groupe de recherche Achac, Paris/coll. part.

 

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Comment venir au macte

  • Lundi : Fermé
  • Mardi au Samedi : 9h00 - 19h00
  • Dimanche : 10h00 - 18h00
MÉMORIAL ACTe

Darboussier
97110 POINTE-A-PITRE
GUADELOUPE - FWI

+590 (0)590 25 16 00

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(tarif exposition permanente, hors expositions temporaires et internationales)

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Tarif pass annuel
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(accès individuel illimité à la salle d’exposition permanente uniquement)

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Tarif plein : 45 €

( 2 adultes + 2 à 5 enfants de la même famille)

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