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EXPOSITION TEMPORAIRE // LE MODÈLE NOIR (14/09 – 29/12)

14 - September

Le Modèle noir, de Géricault à Picasso est une exposition organisée par le Mémorial ACTe, Centre caribéen d’expressions et de mémoire de la traite et de l’esclavage, grâce au concours exceptionnel de la Région Guadeloupe, en collaboration étroite avec les musées d’Orsay et de l’Orangerie, Paris, et en partenariat avec la Miriam et Ira D. Wallach Art Gallery, New York.

En une trentaine d’années, « la représentation des Noirs » est devenue un objet d’histoire de l’art très présent des deux côtés de l’Atlantique, et les travaux liés aux « black studies » se multiplient. Ils visent, pour une part significative, à montrer comment le monde des images fut imprégné par le processus historique qui, en Europe, de l’instauration de la traite négrière à nos jours, vit l’inéluctable affirmation d’une identité noire.

Aucune exposition à ce jour n’avait tenté d’explorer ce phénomène de civilisation multiséculaire à partir de l’iconographie foisonnante, tous media confondus, qu’il a engendré, ce à quoi s’emploie Le modèle noir, de Géricault à Picasso.

La première historique que constitue la présentation d’une telle exposition en Guadeloupe, après New York et Paris, est donc l’occasion de donner accès à des chefs d’œuvres de l’histoire de l’art à un public historiquement et géographiquement aliéné de cette opportunité. Elle est aussi l’occasion d’apporter de nouveaux éléments et de nouvelles expériences culturelles à même de nourrir le débat entre art et société.

En adoptant une approche multidisciplinaire à l’interface de l’histoire de l’art et de l’histoire des idées, cette exposition se penche sur des problématiques esthétiques, politiques, sociales et raciales ainsi que sur l’imaginaire révélé par la représentation des figures noires dans les arts
visuels européens. Un imaginaire qui participe de la construction d’un récit collectif et d’une perception partagée de l’altérité au sein de nos sociétés modernes.

Comment se sont construites, déconstruites et reconstruites les images des hommes et femmes « de couleur » au cours des temps ? C’est aux changements de représentation des Noirs vivant en Europe que s’intéresse Le modèle noir, de Géricault à Picasso. Des Noirs dont certains exerçaient l’activité de modèle pour artistes et qui jouèrent un rôle fondateur dans le développement de l’art moderne.

Joseph, Madeleine, l’abbé Moussa, Aspasie, Laure, Carmen Lahens, Aïcha Goblet, Ady Fidelin, Jenny Alpha…, nombreux sont les hommes et les femmes noirs ou métis à avoir croisé le chemin des Benoist, Géricault, Delacroix, Chassériau, Cordier, Carpeaux, Manet, Bazille, Beaudelaire, Nadar, Man Ray, Picabia, Matisse, Picasso. Qui sont-elles, qui sont-ils ? Qui sont ces acteurs souvent oubliés du grand récit des avant-gardes ?

Notre projet est de faire émerger et d’explorer, avec notre public à la fois nouveau mais aussi profondément concerné, de nouvelles pistes et de nouvelles compréhensions de notre sujet qui puissent nourrir le débat sociétal contemporain que l’art et la culture instruisent si puissamment et que porte le Mémorial ACTe dans son dialogue avec la modernité.

 

Mot du Président de la Région Guadeloupe

Cette exposition a une histoire. Elle a fait une première étape à la Wallach Art Gallery de New York, de la Columbia University. Elle a été scrutée par 450 000 visiteurs du Musée d’Orsay. C’est une première dans un musée français. Elle trouvera un écrin le 13 septembre 2019 dans ce geste architectural exceptionnel qu’est le Mémorial ACTe.

Elle s’appuie sur des éléments d’archives, photographies, correspondances, pour nous montrer à travers les œuvres des grands peintres l’évolution des modes de représentation des noirs.

Elle n’a pas pour objet le groupe social. Elle s’intéresse au « modèle », en tant qu’individu représenté par l’artiste mais aussi en tant qu’exemple, porteur de valeur.

Elle permettra aux guadeloupéens et aux visiteurs de passage de briser le silence et l’ignorance dans lesquels ont été tenus jusqu’ici ces hommes et ces femmes qui n’ont pas été de simples objets muets et passifs de l’histoire de l’art moderne. A partir de cette exposition, ces oubliés du récit des avant-gardes ont une histoire, une identité. Ils appartiennent à une lignée.

La guadeloupéenne, la « négresse Madeleine », « Marianne » de la révolution française, avec un prénom, entre dans le récit national.

Le « nègre Joseph », modèle professionnel à l’école des beaux-arts, modèle de prédilection de Géricault n’habite plus un long silence.

La guadeloupéenne Ady Fidelin, compagne de Man Ray, première femme de couleur à apparaitre dans le célèbre magazine de mode Le Harper’s Bazaar (Etats-Unis) en 1937, fait le lien avec l’histoire universelle ; alors que les idéologies racistes se sont faites plus virulentes qu’en 1848.

Il est venu le temps de s’interroger sur les silences de l’histoire. Cette exposition d’envergure internationale nous tend un miroir. Elle nous incite à nous interroger sur ces points aveugles, sur l’engagement citoyen qui doit être le nôtre pour forger un vivre ensemble et un dialogue entre toutes les composantes de notre cité.

Laure, personnage de la domestique au second plan dans l’Olympia d’Edouard Manet (1863) est un de ces « modèles noirs » révélés par l’exposition Le Modèle Noir de Géricault à Picasso. En partenariat avec des institutions aussi prestigieuses que le Musée d’Orsay et l’Orangerie à Paris et la Miriam D Wallach Art Gallery à New York cette exposition s’appuie sur des éléments d’archives, photographies, correspondances, pour nous montrer à travers les œuvres des grands peintres l’évolution des modes de représentation des noirs. Le concours exceptionnel de la région Guadeloupe, permettra aux guadeloupéens mais également aux visiteurs de passage dans notre archipel de briser le silence et l’ignorance dans lesquelles ont été tenus jusqu’ici ces hommes et ces femmes qui n’ont pas été de simples objets muets et
passifs de l’histoire de l’art moderne. Ils y ont contribué ne serait- ce que par les interactions qu’ils ont eu avec ceux qui les ont choisis comme modèles. Il est temps que notre société interroge les silences de l’histoire. Les visages, les destins, le moindre indice recueilli par les historiens de l’art force ce silence qui s’est imposé jusqu’içi comme indiscutable. Et nous voilà poussé à changer notre regard et à nous interroger. Cette exposition est éminemment politique au sens où elle tend à la cité un miroir afin qu’elle interroge ses points aveugles. J’invite la Guadeloupe entière à se montrer à la hauteur de l’enjeu en visitant en nombre cette exposition d’envergure internationale. A l’heure où de la démocratisation de la culture émerge la revendication des droits culturels, l’occasion est donnée à la population de s’approprier cette exposition en la plébiscitant. C’est un acte citoyen pour nourrir la pensée et le projet politique qui ne saurai être porté par les seuls hommes politiques, mais par l’engagement et le dialogue citoyen entre toutes les composantes de la cité.

 

Mot de Georges BREDENT, Président de l’EPCC MACTe

La France d’aujourd’hui est le fruit d’une histoire plurielle. Celle de la période coloniale et des immigrations. Celle de la période post-coloniale aussi. Pourtant pendant très longtemps, ce carrefour des syncrétismes a nié sa diversité. Et il a fallu que les arts visuels soient convoqués pour qu’il en aille autrement. Mais à quel prix et à quel rythme ? L’image du Noir dans l’art occidental a connu des facettes contrastées. Cet être, longtemps assimilé à la nuit, au monde des ténèbres, aux forces du mal, a pu repousser et en même temps fasciner. La peinture, autant que la photographie a devancé l’histoire en participant activement à l’émancipation des populations noires, sans pour autant effacer, d’un coup de pinceau, l’indignité de ceux qui ont toujours été relégués dans la basse-fosse de la condition humaine.

De l’iconographie de l’esclavage et de son abolition à une thématique plus générale de l’orientalisme et de l’exotisme, l’infériorité du Noir ne sera vraiment remise en question que par la révolution plastique du vingtième siècle (jusqu’alors, l’image du Noir n’avait pas encore été discutée, glosée, extrapolée et intégrée à la culture visuelle.)

Cette remarquable exposition  -« Le modèle noir, de Géricault à Picasso »- que le Memorial Acte a choisi d’accueillir dans ses murs accompagne l’exposition permanente sur un axe sociétal pour refléter le positionnement d’artistes contemporains qui vont hisser au final, le corps noir en tant que héros. Le MACTe donne ainsi l’occasion à ses publics de s’interroger sur ce qu’est un Noir au regard des débats sur son ‘essence’ et sur les termes susceptibles de définir les hommes et
les femmes originaires d’Afrique ou descendants d’Africains.

Dans ce sens, le Mémorial propose une exposition qui associe les figures dominantes de l’histoire de l’art, les idées processuelles du siècle dernier et une approche critique contemporaine qui relève d’un positionnement social, politique voire activiste.

Et toutes ces composantes redéfinissent les représentations de l’image du Noir loin des clichés jusqu’alors véhiculés par les blancs.

Les œuvres contemporaines qui ont été sélectionnées opèrent tantôt par le ‘détournement’ d’une œuvre existante, tantôt par l’imaginaire. Jean-Pierre Schneider rend hommage à l’Olympia de Manet en déclinant plusieurs variations mi- abstraites, mi -figuratives, mettant notamment en avant la servante confinée à l’arrière-plan du tableau original par une approche essentiellement picturale des formes et des masses.

Wenjue Zhang et Marielle Plaisir déplacent la figure noire d’un corps social à un autre par la réinterprétation en renforçant leur place centrale et en modifiant leur décorum. Elles font du corps de la femme noire, par le truchement de la mise en scène, un corps politique non asservi (illustration de notre propos :‘l’Olympia’ de Manet, récusant le fait établi que la femme noire est là pour servir la supériorité de la femme blanche, ou encore, le portrait de ‘Madeleine’ de Marie Guillemine Benoist réinterprété)

Dans sa série ‘Poupées Noires’, Mirtho Linguet explore les principes du pictorialisme et de la Négritude à travers la manipulation d’images photographiques et de mises-en scènes dans lesquelles le corps absorbe de façon incisive et excessive la couleur noire.

Ces oeuvres contemporaines permettent de lire, dans ses grandes lignes, et forcement simplifiée, l’histoire mouvementée des représentations du Noir dans l’illustration ainsi que dans les imaginaires. Elles permettent – croyons-nous- de suivre les attitudes changeantes et d’aborder par le biais des arts visuels le problème de la confrontation des cultures.

Ce qu’il est intéressant de constater à travers toutes ces  œuvres c’est l’universalité du sujet qui est traité par des artistes qui n’ont pas forcément un lien identitaire avec l’histoire de l’esclavage et sa mémoire mais qui sont habités par le même souffle humaniste.Et il est heureux que ce soit Le MACTe, lieu de convergence de toutes les cultures qui défendent la mémoire de l’être humain déshumanisé, qui permette cette rencontre. Mais rien de surprenant, au fond car le MACTe, espace de dialogue entre Histoire, Art et Société, s’est aussi donné pour mission de montrer des œuvres qui éclairent les enjeux et les conséquences de l’histoire de tous ceux qui, abonnés à la souffrance, ont su convertir leur cauchemar en lumière d’espérance.

 

Mot de Jacques Martial, Commissaire

Le Modèle noir, de Géricault à Picasso est une exposition exceptionnelle organisée par le Mémorial ACTe, en collaboration étroite avec les musées d’Orsay et de l’Orangerie, Paris, et en partenariat avec la Miriam et Ira D. Wallach Art Gallery, New York.

Peintures, sculptures, photographies, documents d’époques, ce sont plus de cent chefs-d’œuvre de l’histoire des arts visuels en Europe, de la fin du 18 ème siècle à la fin de la première moitié du 20 ème siècle et jusqu’à nos jours qui ont été rassemblés pour être présentés pour la première fois au public guadeloupéen dans une exposition internationale unique à ce jour.

Afin de réunir ce corpus, ce sont quelques 40 musées, du musée d’Orsay au musée du Louvre aux grands musées de province ou internationaux, institutions publiques, —la Bibliothèque Nationale de France, la Collectivité Territoriale de Martinique—, et collectionneurs privés qui ont ouverts et mis à disposition leurs collections.

L’approche multidisciplinaire de Le modèle noir de Géricault à Picasso se penche sur des problématiques esthétiques, politiques, sociales et raciales ainsi que sur l’imaginaire révélé par la représentation des figures noires dans les arts visuels européens. Un imaginaire qui participe de la construction d’un récit collectif et d’une perception partagée de l’altérité au sein de nos sociétés modernes.

Comment se sont construites, déconstruites et reconstruites les images des hommes et femmes « de couleur » au cours des temps ? C’est aux changements de représentation de ces Noirs qui vivaient déjà en Europe en ces temps-là, que s’intéresse l’exposition. Des Noirs dont certains exerçaient l’activité de modèle pour artistes et qui jouèrent, à ce titre, un rôle fondateur dans le développement de l’art moderne.

Joseph, Madeleine, l’abbé Moussa, Aspasie, Laure, Carmen Lahens, Aïcha Goblet, Ady Fidelin, Jenny Alpha…, ont ainsi croisé le chemin des Benoist, Géricault, Delacroix, Chassériau, Cordier, Carpeaux, Manet, Bazille, Beaudelaire, Nadar, Man Ray, Picabia, Matisse, Picasso. Qui sont-elles, qui sont-ils ? C’est à leur rencontre et à leur découverte que convie cette exposition événement qui se propose, avec le public de Guadeloupe, de faire émerger et d’explorer de nouvelles pistes et de nouvelles compréhensions de notre sujet qui puissent nourrir le débat sociétal contemporain que l’art et la culture instruisent si puissamment et que porte le Mémorial ACTe dans son dialogue avec la modernité.

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Comment venir au macte

    • Du mardi au samedi : 9h - 19h
    • Dimanche : 10h - 18h
MÉMORIAL ACTe

Darboussier
97110 POINTE-A-PITRE
GUADELOUPE - FWI

+590 (0)590 25 16 00

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Tarif individuel
Tarif plein : 15 €
Tarif réduit : 10 €

(tarif exposition permanente, hors expositions temporaires et internationales)

Tarif enfant
Tarif plein : 5 €

(tarif réservé aux enfants de 3 à 12ans)

Tarif pass annuel
Pass annuel: 35 €

(accès individuel illimité à la salle d’exposition permanente uniquement)

Tarif pass famille
Tarif plein : 45 €

( 2 adultes + 2 à 5 enfants de la même famille)

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