ENGLISH
/ 8 janvier 2016

L’écrivaine Maryse CONDÉ en visite au MACTe

Une visite empreinte d’émotions

La célèbre romancière et professeur émérite de l’Université de Columbia était en visite dans nos murs le 8 janvier dernier grâce à l’étroite collaboration avec l’Association des amis du Mémorial ACTe (A2MA).

Après avoir annoncé en 2015 que son ouvrage Mets et merveilles serait le dernier, la venue de l’écrivaine  au crépuscule de sa vie a été particulièrement pleine d’émotions puisque il s’agit – selon elle – d’un dernier voyage qu’elle compte réaliser sur son île natale étant donné son fragile état de santé.

Entourée de ses plus proches amis qui ont répondu à son invitation et de l’équipe du Mémorial ACTe – avec pour guide privilégié M. T. L’ETANG, Directeur scientifique et culturel du MACTe, Maryse Condé a pu découvrir la richesse des collections de l’exposition permanente du MACTe et prendre le pouls de son île natale qui l’a toujours inspirée dans sa démarche artistique.

L’occasion pour le MACTe de rendre hommage à cette personnalité d’envergure internationale qui a présidé le Comité pour la mémoire de l’esclavage de 2004 à 2008 et dont les ouvrages ont toujours questionné la mémoire de l’esclavage, du colonialisme et porté sur les identités de la diaspora noire.

Le MACTe, à l’origine de la réconciliation de Maryse Condé avec son pays

A l’occasion de sa venue en Guadeloupe, France Antilles Guadeloupe a réalisé une interview de Maryse Condé quelques jours après sa venue au Mémorial ACTE. Retrouvez ci-dessous un court extrait de cet article :
Pendant son séjour, Maryse Condé tenait à se rendre au Mémorial ACTe. Elle a demandé à l’Association des amis du Mémorial ACTe de lui organiser une visite, lui permettant dans le même temps de revoir ses amis. « Elle a été portée par l’amour et la tendresse des personnes qui étaient là, raconte Ghislaine Nanga. À la fin de la visite, elle a dit « J’ai compris que je m’étais trompée » . Enfin réconciliée avec la Guadeloupe et les Guadeloupéens, elle faisait référence à sa déclaration de 2007. Après y avoir vécu quelques années, avec son époux, Richard Philcox, Maryse Condé quittait la Guadeloupe en disant sa déception quant aux espérances profondes qu’elle nourrissait vis-à-vis de son pays.
Retrouvez la totalité de l’article (réservé aux abonnés)

Courte biographie de Maryse Condé

Maryse Condé est née à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe en 1937.
Elle part étudier au lycée Fénelon en 1953 puis à la Sorbonne où elle obtient une licence de lettres modernes.
En 1960, elle se marie à Mamadou Condé, un acteur africain. Elle s’envole ensuite pour l’Afrique pour y enseigner dans plusieurs pays (Guinée, Ghana, Nigéria, Sénégal). Douze ans après, elle revient en France pour commencer une carrière d’écrivain. Elle rédige des ouvrages sur la littérature antillaise et écrit des pièces de théâtre. Dans le même temps, Maryse Condé prépare une thèse en littérature comparée à la Sorbonne : Stéréotype du noir dans la littérature antillaise. Une fois son doctorat obtenu, elle enseigne à l’université.
En 1976, elle se lance dans la fiction. Inspirée par sa vie en Afrique, elle publie deux romans : Hérémakhonon (1976) et Une saison à Rihata (1981).
En 1981, elle divorce de Mamadou Condé et se remarie avec le traducteur de la plupart de ses romans : Richard Philcox.

Ouvrage double paru en 1984 et 1985, traduit en douze langues, Ségou est son troisième et dernier roman consacré à l’Afrique. Elle enseigne ensuite aux Etats-Unis et y crée le Centre des études françaises et francophones de l’université de Columbia.
1986 est l’année du retour en Guadeloupe qui lui inspirera des livres comme La Vie scélérate (1987) et Traversée de la mangrove (1989).
En 2001, elle est promue Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres. De 2004 à 2008, elle est présidente du Comité pour la Mémoire de l’Esclavage. C’est d’ailleurs à son initiative que la date du 10 mai est décrétée Journée de commémoration de l’abolition de l’esclavage dans l’Hexagone.
Elle devient en 2009 la marraine d’honneur du Collectif Paca pour la Mémoire de l’Esclavage.
Maryse Condé a été également récompensée par de nombreux prix littéraires, notamment en 1987 avec le Grand prix littéraire de la Femme : prix Alain-Boucheron, pour Moi, Tituba, sorcière noire de Salem, le Prix LiBeratur (Allemagne), pour Ségou : Les murailles de terre en 1988, ou encore en 1993 avec Prix Puterbaugh, pour l’ensemble de son œuvre.

Œuvres de Maryse Condé

Romans:

Heremakhonon. Paris: 10/18, 1976. Nouvelle édition,En Attendant le bonheur (Heremakhonon), Paris: Seghers, 1988.

Une Saison à Rihata. Paris: Laffont, 1981.

Ségou: Les murailles de terre. Paris: Laffont, 1984.

Ségou: La terre en miettes. Paris: Laffont, 1985.

Moi, Tituba, sorcière noire de Salem. Paris: Mercure, 1986.

La vie scélérate. Paris: Seghers, 1987.

Traversée de la mangrove. Paris: Mercure, 1989.

Les Derniers Rois Mages. Paris: Mercure, 1992.

La Colonie du Nouveau Monde. Paris: Laffont, 1993.

La Migration des coeurs. Paris: Laffont, 1995.

Desirada. Paris: Laffont, 1997.

Célanire cou-coupé. Paris: Laffont, 2000.

La Belle Créole. Paris: Mercure, 2001.

Histoire de la femme cannibale. Paris: Mercure, 2003.

Les belles ténébreuses. Paris: Mercure, 2008.

En attendant la montée des eaux. Paris: Lattès, 2010.

Récits:

Le Coeur à rire et à pleurer, contes vrais de mon enfance. Paris: Laffont, 1999.

Victoire, des saveurs et des mots. Paris: Mercure, 2006.

La vie sans fards. Paris: Lattès, 2012.

Mets et merveilles. Paris: Lattès, 2015.

Théâtre:

Dieu nous l’a donné. Paris: Pierre Jean Oswald, 1972.

Mort d’Oluwémi d’Ajumako. Paris: Pierre Jean Oswald, 1973.

Le Morne de Massabielle. Puteaux: Théâtre des Hauts de Seine, 1974.

Pension les Alizés. Paris: Mercure, 1988.

An Tan Revolisyon. Guadeloupe: Conseil Régional, 1989.

Comédie d’amour. Mises en scène: Théâtre Fontaine (Paris, juillet 1993);  New York et Washington, D.C. (novembre 1993).

Comme deux frères. Paris: Lansman, 2007.

La Faute à la vie. Paris: Lansman, 2009.

Littérature pour la jeunesse:

« Victor et les barricades ».Je Bouquine 61 (mars 1989): 13-64.

Haïti chérie. Illustrations de Marcelino Truong. Paris: Bayard, 1991; réédité sous le titreRêves amers. Paris: Bayard Jeunesse, 2001.

Hugo le terrible. Paris: Sépia, 1991.

La Planète Orbis. Illustrations de Letizia Galli. Pointe-au-Pitre: Jasor, 2002.

« Savannah blues ».Je Bouquine 250 (novembre 2004).

« Chiens fous dans la brousse ».Je Bouquine (2006).

À la Courbe du Joliba.Illustrations de Letizia Galli. Paris: Grasset-Jeunesse, 2006.

Conte cruel. Illustré par Mance Lanctôt. Montréal: Mémoire d’encrier, 2009.

Anthologies:

Anthologie de la littérature africaine d’expression française. Ghana Institute of Languages, 1966.

La Poésie antillaise. Paris: Nathan, 1977.

Le Roman antillais. Paris: Nathan, 1977.

Bouquet de voix pour Guy Tirolien. Pointe-à-Pitre: Jasor, 1990.

Caliban’s Legacy. The Literature of Guadeloupe and Martinique; Special issue ofCallaloo 1 (Winter 1992).

L’Héritage de Caliban, essais sur la littérature antillaise francophone. Pointe-à-Pitre: Jasor, 1992.

Penser la créolité, co-direction avec Madeleine Cottenet-Hage. Paris: Karthala, 1995.

Essais:

« Pourquoi la Négritude? Négritude ou Révolution ».Négritude africaine, négritude caraïbe (Jeanne-Lydie Goré, éd). Éditions de la Francité, 1973: 150-154.

« Négritude Césairienne, Négritude Senghorienne ».Revue de Littérature Comparée 4 (1974): 409-419.

La Civilisation du bossale; Réflexions sur la littérature orale de la Guadeloupe et de la Martinique. Paris: Harmattan, 1978, 2000.

Profil d’une oeuvre: Cahier d’un retour au pays natal. Paris: Hatier, 1978.

« Propos sur l’identité culturelle ».Négritude: Traditions et développement (Guy Michaud, éd.). Paris: P.U.F., 1978: 77-84.

La parole des femmes: Essai sur des romancières des Antilles de langue française. Paris: l’Harmattan, 1979.

« L’Image de la petite fille dans la littérature féminine des Antilles ».Recherche, Pédagogie et Culture 44 (1979): 89-93.

« Au-delà des langues et des couleurs ».La Quinzaine Littéraire 436 (mai 1985): 36.

« Notes sur un retour au pays natal ».Conjonction 176 (supplément 1987): 7-23.

« Cinema, Literature and Freedom ».Ex-iles: Essays on Caribbean Cinema, Mbye B. Cham, ed. Africa World Press, 1992: 370-377.

« Order, Disorder, Freedom and the West Indian Writer ».Yale French Studies 83 (1993): 121-136.

« The Role of the Writer ».World Literature Today 4 (1993): 697-700.

« Femme, Terre Natale » (essai sur Gisèle Pineau).Parallèles: Anthologie de la nouvelle féminine de langue française. (M. Cottenet-Hage et J.-Ph. Imbert, éds.)  Québec: L’Instant Même, 1996: 253-260.

« Noir, C’est Noir » (préface).Regards Noirs. Paris: Harmattan, 1996.

« Nèg pas bon ».Othello: New Essays by Black Writers, Mythili Kaul, ed. Washington, D.C.:  Howard University Press, 1997.

« Créolité without Creole Language ».Caribbean Creolization. Gainesville: University Press of Florida, 1998.

« Unheard Voice: Suzanne Césaire and the Construct of a Caribbean Identity ».Winds of Change: The Transforming Voices of Caribbean Women Writers and Scholars. Adele Newson and Linda Strong-Leek, eds. New York: Peter Lang, 1998.

« O Brave New World ».Research in African Literatures 3 (Fall 1998): 1-8.

« On the Apparent Carnivalization of Literature from the French Caribbean ».Representations of Blackness and the Performance of Identities. Jean Muteba Rahier, ed. Westport, Connecticut: Bergin & Garvey, 1999: 91-97.

« Heros et Cannibales ».Portulan 99 (Novembre 2000): 43-52.

« The Voyager In, The Voyager Out ».Autrement, « La Guadeloupe », collection Monde hors série 123 (janvier 2001): 250-259.

« Fous-t-en Depestre, Laisse dire Aragon ».The Romanic Review 1-2 (January-March 2001): 177-85.

« Haïti dans l’imaginaire des Guadeloupéens ».Présence Africaine 169 (2004): 131-136.

« The Stealers of Fire: The French-Speaking Writers of the Caribbean and Their Strategies of Liberation ».Journal of Black Studies 2 (November 2004): 154-164.

Nouvelles et courts récits:

« Trois femmes à Manhattan ».Présence Africaine 121/122 (1982): 307-315.

« Ayissé ».Soleil éclaté: Mélanges offerts à Aimé Césaire. Jacqueline Leiner, ed. Tübingen: Gunter Narr Verlag, 1984: 81-87.

Pays mêlé(recueil de deux nouvelles). Paris: Hatier, 1985. Nouvelle édition avec dix nouvelles: Paris: Laffont, 1997.

« La châtaigne et le fruit à pain ».Voies de pères, voix de filles: Quinze femmes écrivains parlent de leur père. Adine Sagalyn, ed. Paris: Maren Sell, 1988; Complete Narratives of Francophone Caribbean Tales. Rouben C. Cholakian, éd. Lewiston, NY: Mellon, 1996: 151-64.

À ma mère: Soixante écrivains parlent de leur mère. Marcel Bisiaux et Catherine Jajolet, eds. Paris: Horay Pierre, 1988.

« No Woman No Cry ».Le Serpent à Plumes (3e trimestre 1991).

« Les pareurs de morts ».Critique 711-712 (août-septembre 2006): 764-773.

« Liaison dangereuse ».Pour une littérature-monde, sous la direction de Michel Le Bris et Jean Rouaud. Paris: Gallimard, 2007: 205-216.

Traductions par Maryse Condé:

De Christophe Colomb à Fidel Castro: L’Histoire des Caraïbes, 1492-1969, d’Eric Williams. Co-traduction (avec Richard Philcox) deFrom Columbus to Castro: The History of the Caribbean (New York:  Harper and Row, 1971). Paris: Présence Africaine, 1975.

 

 

© 2017 MEMORIAL ACTe