Quand le 4 avril 1869 Darboussier ouvre ses portes, c’est bien de l’usine des superlatifs annonçant l’entrée définitive de la Guadeloupe dans l’ère industrielle dont il s’agit : la plus grande, la mieux équipée, celle fournissant régulièrement entre le quart et le cinquième de la production totale de l’île, celle réunissant au tournant du XXème siècle, 42 habitations et 8 588 hectares de domaine foncier.

Mais cette ère qui commence en achevant l’époque de l’habitation-sucrerie annonce également de nouveaux rapports entre les hommes en instaurant le règne de l’Usine et du Capital encore vierge d’un progrès social qui peine à rattraper l’évolution technologique. C’est aussi le temps des grandes migrations qui pour encore satisfaire à Sucre, ce même vieux tyran, ouvrent plus encore notre archipel à toutes les parties du Monde et fondent la Guadeloupe contemporaine.

 

Thierry L’Étang, directeur scientifique et culturel, Mémorial ACTe, 2009-2019.

Crédits photo : Hélène Valenzuela pour le MACTe